Signe moi, Maman

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Anne-Lise CONNEGAN est une élève de l’association qui a suivi le stage intensif de niveau A1.1 en octobre dernier. A 36ans, elle travaille en tant qu’aide-soignante à l’hôpital de Troyes et est la maman de Ruben qui a 2 ans et deux mois.

A sa naissance, Ruben a droit à tous les examens classiques que connaissent les nourrissons, mais le PEA (Potentiel Evoqué Auditif) ne peut être réalisé. Ce n’est que plus tard, sur rendez-vous, que celui-ci est effectué et ne révèle rien de particulier. En revanche, les semaines passant, les parents de Ruben s’inquiètent de certains comportements que présente leur petit garçon : pas de port de tête, troubles de l’équilibre, et autres. C’est à ses un an et après divers examens (scanner cérébral, électroencéphalogramme, IRM, recherches génétiques) qui sont encore en attente de résultats pour certains, et après consultations à l’hôpital Necker, qu’Anne-Lise et son conjoint apprennent la surdité de Ruben.

Elle qui « parle beaucoup » comme elle le précise, se demande comment la communication va se faire avec son fils. Difficultés de communications, inquiétudes pour l’avenir de leur enfant et son développement personnel, craintes de ne pas percevoir tous ces sons qui existent comme la musique, le chant des oiseaux,… tout est chamboulé. Anne-Lise craint ainsi beaucoup pour l’autonomie future de son fils.

 

On leur propose alors l’implant. Après recherches, et surtout l’évocation d’une atteinte du nerf auditif et la non efficacité de l’implant dans ce cas, Anne-Lise entend alors que la LSF devient le seul recours de communication.

 

Elle se renseigne donc. C’est une langue qu’elle ne connaît pas, mais voit sur internet qu’une association troyenne existe et propose son enseignement. Elle s’inscrit alors au stage intensif. Une semaine d’apprentissage de signes, de postures, d’expressions de visage à apprivoiser. La LSF est une difficulté pour elle car elle communique beaucoup, oui, mais par la parole. La LSF, c’est l’expression et la communication par le corps, par le visage.  C’en était même stressant car il a aussi fallu s’organiser pour assister à cette semaine de stage.

 

Mais finalement, après le stage elle dit se sentir rassurée : elle voit par le biais de l’enseignant qu’une personne sourde peut avoir une « vie comme tout le monde », que Ruben ne sera pas un handicapé ; il aura un handicap. Elle est bien consciente que la France a du retard concernant la surdité mais elle se dit prête à « accepter que le chemin à suivre soit différent car la différence enrichit». Ainsi, comme l’enseignant de LSF, Ruben pourra oraliser, il pourra être autonome et vivre une vie normale, avoir une ouverture sur le monde, il pourra ressentir la musique à défaut de l’entendre, il pourra même « parler la musique » insiste-t-elle en faisant référence aux divers chants-signes qu’elle a pu découvrir.

 

Elle rapporte aussi des signes à la maison, chez les grands-parents de Ruben, chez ses amis, et l’apprentissage est dédramatisé, il se fait en s’amusant. Ça devient même des signes de complicité entre elle et son conjoint lorsqu’ils se jettent un regard et se glisse du bout des doigts un « ça va ? ». Tout l’entourage s’y met, s’intéresse, veut apprendre des signes, s’informe sur ce qui pourrait être nécessaire au bon développement de Ruben. Bien entourée, il y a un réel soutien des amis et de la famille d’Anne-Lise.

 

Bien sûr, elle communique avec Ruben par les signes, les « quelques-uns qu’elle connaît » précise-t-elle, mais déjà suffisants pour des premiers besoins ; manger, dormir, boire,… D’autres s’ajouteront. Elle remarque d’ailleurs plus de mouvements de la part de son fils depuis qu’elle utilise des signes, plus d’expressions corporelles, de regards.

 

Elle se dit apaisée, plus sereine après ce stage. La LSF permet un véritable lien car elle avait « trop envie de communiquer avec lui » et cette communication est désormais possible. Elle insiste en riant qu’il connaît maintenant bien le « non » car avec ses yeux rieurs, il serait un petit peu taquin avec maman que ça n’étonnerait personne. Elle sait que bientôt ce sera lui qui lui apprendra des signes et que la communication ne pourra qu’être plus forte et plus intense entre eux.

 

Ruben est en ce moment en cours d’adaptation à la crèche, où une de ses référentes se forme à la LSF. Il est suivi par le C.A.M.P.S (Centres d’Action Médico-Sociale Précoce) et voit une orthophoniste, une kinésithérapeute (pour les troubles de l’équilibre notamment). Anne-Lise compte bien continuer l’apprentissage de la LSF et assister aux différentes propositions de l’association car si elle se sent plus sereine, elle précise que c’est parce qu’elle a ressenti un accueil de la part de l’association, qu’elle s’est sentie dans un environnement familial et humain.

 

Nous souhaitons une belle continuation à Anne-Lise, Ruben et son papa, en souhaitant que la LSF leur apporte ce qu’ils espèrent…

 

 

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